Prix Émérite en orthopédagogie

Octobre 2015

Depuis 2006, ma pratique s’articule autour de la métacognition et de l’autorégulation en contexte d’apprentissage. Elle s’est progressivement développée au contact d’élèves présentant un trouble du déficit de l’attention (TDAH), dont les difficultés d’autorégulation m’ont amenée à privilégier très tôt une approche centrée sur la compréhension et la mobilisation active de leurs propres stratégies. En cohérence avec ce qui sera plus tard désigné comme la neuroéducation, mon approche clinique se veut fonctionnelle en rendant explicites les processus cognitifs en jeu, en soutenant la prise de conscience des stratégies utilisées et en favorisant leur réinvestissement dans des contextes variés. Ancrée dans le milieu de vie des apprenants, ma pratique privilégie une collaboration étroite avec les familles et les écoles. Cette collaboration s’inscrivait déjà, dans les années 2000, dans une vision écosystémique qui était alors peu formalisée en orthopédagogie clinique.

Cette approche a ainsi soutenu la réussite d’un grand nombre d’élèves au fil de ma pratique.

 

 

Extrait de la lettre de candidature déposée par Madame Virginie Bisson, orthopédagogue membre de l’ADOQ*

M. Huot a mené différents projets d’orthopédagogie, et en particulier un sur l’autorégulation dans les apprentissages destinée aux enfants atteints de TDAH. Que ces derniers soient traités par psychostimulants ou pas, tous présentaient des symptômes cognitifs handicapants, comme de l’impulsivité par exemple et présentaient des résultats scolaires en forte situation d’échec. L’intervention de M. Huot auprès de ces enfants s’est toujours concentrée sur la consolidation de leur motivation et leur plaisir d’apprendre, en ajustant son aide au juste niveau de l’élève et en leur faisant prendre conscience de leurs difficultés (métacognition). La plupart d’entre eux ont connu des progrès remarquables au niveau de leurs résultats scolaires suite au suivi de M. Huot. Son credo est l’autorégulation des apprentissages, qui consiste à demander à l’élève en difficulté à « planifier les stratégies à utiliser, les mettre en œuvre, contrôler la réalisation de l’apprentissage et l’ajuster au besoin, et autoévaluer le tout une fois l’activité terminée » (Sylvie Cartier, congrès 2009 AQETA). 

Pour un élève pour qui rien ne semblait fonctionner et en situation de redoublement de fin d’année, M. Huot, praticien qualifié COGMED depuis novembre 2014, a décidé d’appliquer, au printemps dernier (2015), ce nouveau programme de remédiation de la mémoire de travail sur cet élève. Après l’application de la méthode COGMED, des résultats inespérés et durables se sont fait ressentir et, de plus, dans d’autres sphères comme les habiletés sociales, la prise d’initiative ou la motivation, des améliorations ont été également relevées par les parents de cet enfant. Au final, cet élève démotivé, en situation d’échec a réussi son année et a obtenu des scores inespérés et jamais réalisés auparavant.

Pour terminer, je suis fière de présenter la candidature de M. Huot au prix Émérite de l’ADOQ car il apporte au niveau de la profession une approche différente au niveau de l’orthopédagogie et il est dévoué à ses élèves pour qui il a à cœur leur réussite. 

*Au moment du dépôt de cette lettre, Madame Virginie Bisson, orthopédagogue, était propriétaire d’une clinique d’orthopédagogie à Québec.